Voyage aux états-unis : la déroute se poursuit, le canada menace
Les chiffres sont impitoyables. Alors que le reste du monde retrouve son élan touristique, les États-Unis voient leurs arrivées internationales chuter pour le neuvième mois consécutif. Une situation inédite, qui interroge sur l'attractivité de la destination et sur les politiques qui y contribuent.
Un effondrement des arrivées, surtout canadiennes
Les derniers relevés du National Travel and Tourism Office (NTTO) peinent à masquer la réalité : en janvier 2026, seulement 5,41 millions de voyageurs étrangers ont foulé le sol américain. Une performance inférieure de 3,5% à 4,8% par rapport à l'année précédente. Le contraste est saisissant. Le monde entier a enregistré une augmentation de près de 4% des flux touristiques, selon l'UN Tourism. Les États-Unis, eux, semblent s'isoler.
Mais le véritable coup de grâce vient du Canada, autrefois principal pourvoyeur de touristes. Les visites en provenance du Nord ont plongé de 25,7% en 2025, un chiffre qui propulse le Mexique à la première place des pays d'origine des voyageurs vers les États-Unis – une situation qu’on n’avait plus observée depuis le milieu des années 1990, hormis lors de crises sanitaires.
En janvier 2026, le Mexique a enregistré près de 1,81 million d'arrivées, tandis que le Canada n'en a comptabilisé que 1,19 million. Cette dégringolade transalpine, particulièrement ressentie dans les régions frontalières, fragilise l'économie locale.

Des freins multiples : finances, diplomatie, et perceptions
Qu'est-ce qui décourage les touristes ? Les causes sont multiples. Le fardeau financier s'alourdit : le coût de l'ESTA, programme de dispense de visa, a augmenté. Les visas eux-mêmes sont plus chers. Mais les difficultés ne se limitent pas aux formalités. Les tensions diplomatiques, illustrées par un discours parfois virulent de la part des responsables américains, ont terni l'image du pays à l'étranger. Les décisions politiques, souvent perçues comme clivantes, ont contribué à une perception négative.
L'augmentation des contrôles aux frontières, avec des inspections plus poussées des appareils électroniques personnels, a également refroidi les ardeurs des voyageurs. Des restrictions de déplacement plus larges, appliquées de manière inégale, ont semé la confusion et l'incertitude.
L'inflation galopante, qui ronge le pouvoir d'achat, et les fluctuations des taux de change, ajoutent une couche supplémentaire de complexité. La conjonction de ces facteurs crée un climat de défiance, dont les conséquences se font déjà sentir.

Un impact économique considérable
Les pertes financières sont considérables. Selon une analyse du WTTC, les dépenses touristiques internationales aux États-Unis pourraient chuter de 12,5 milliards de dollars en 2025. Un chiffre qui ramène les entrées de devises liées au tourisme de près de 181 milliards de dollars en 2024 à moins de 169 milliards. Le secteur de l'emploi est également menacé : environ 15 millions d'emplois aux États-Unis dépendent du tourisme. La diminution des visiteurs risque de fragiliser le marché du travail, notamment dans les secteurs de l'hôtellerie, du commerce et des transports.
Alors que les Américains dépensent davantage pour leurs Voyages à l'étranger, l'affaiblissement des flux entrants creuse le déficit commercial lié au tourisme. Un cercle vicieux qui pourrait s'aggraver si les tendances actuelles se confirment.

Un avenir incertain, malgré la coupe du monde
Malgré quelques signes d'amélioration du tourisme intérieur, la situation reste préoccupante. Les experts prévoient que cette tendance à la baisse pourrait se prolonger en 2026 si les obstacles actuels ne sont pas levés. L'organisation conjointe de la Coupe du Monde de la FIFA, avec le Canada et le Mexique, pourrait apporter un souffle nouveau, mais son impact reste incertain. Seul un changement de cap, tant sur le plan des politiques d'accès que de la communication, permettra de restaurer la confiance et de redresser la barre. La question n'est pas tant de savoir si les États-Unis sont une destination attractive, mais de savoir s'ils veulent réellement attirer les voyageurs du monde entier.
La facture s'annonce salée : plus de 12 milliards de dollars de pertes en 2025. Un signal d'alarme pour l'économie américaine.
