L'intérieur se révèle : les russes explorent leur pays à un niveau record
Les Voyages intérieurs en Russie explosent. En 2025, ils atteignent 173,9 millions de départs, un bond de 7,4% qui confirme une tendance de fond. Une résilience économique et un désir de découverte qui dépassent les prédictions.
Le tourisme domestique russe atteint un sommet historique
Pendant quatre ans, le nombre de Voyages intérieurs a presque doublé, atteignant près de 43,5% de croissance depuis 2021. Sberbank, la banque russe, a révélé des chiffres frappants qui témoignent d'un changement profond dans les habitudes de déplacement.
Les mois de juillet et août ont connu le pic de cette activité, avec plus d'un tiers des déplacements réalisables durant cette période. Une pause notable s'observe en février et mars, coïncidant généralement avec la fin des vacances scolaires.
Mais la répartition géographique de ces Voyages est loin d'être uniforme. Moins de la moitié des déplacements se concentrent sur un nombre limité de régions. Dix zones en particulier captent plus de 50% du trafic national. Moscou, surpassant sa région environnante, reste la destination numéro un.
Saint-Pétersbourg et le kraï de Krasnodar suivent, attirant grâce à leur patrimoine, leur dynamisme urbain et leurs plages. La liste des dix destinations les plus fréquentées comprend également la région de Leningrad, le Tatarstan, le Sverdlovsk, le Vladimir, le Rostov et le Nizhny Novgorod.
Depuis 2021, la région de Leningrad, Moscou et le Sverdlovsk ont connu des augmentations significatives, stimulées par des projets de construction et un intérêt croissant pour ces régions. L'accessibilité et l'attrait géographique ont également joué un rôle.

Qui voyage et pourquoi ?
L'âge moyen des voyageurs en Russie en 2025 était de 44 ans. Les moins de 30 ans représentent seulement 15% des déplacements, mais ils privilégient les villes, en particulier Moscou, sa région et Saint-Pétersbourg. Les femmes représentent plus de la moitié des Voyages, optant souvent pour des destinations comme Kaliningrad et Saint-Pétersbourg, ainsi que le littoral sud.
À l'inverse, les régions sibériennes et orientales attirent majoritairement les hommes, révélant une division des préférences régionales selon le genre. Les voyageurs disposant d'un revenu mensuel supérieur à 100 000 roubles (une augmentation de 10% depuis 2024) sont de plus en plus présents, privilégiant la qualité et les expériences personnalisées.
La durée moyenne des séjours est de 4,7 jours. Les zones isolées comme le kraï de Chukotka, le district autonome de Yamalo-Nenets, la Yakoutie, le kraï de Krasnodar et la Crimée voient des séjours plus longs. Les centres urbains favorisent les escapades plus courtes.
Le tourisme domestique a généré environ 1,94 trillion de roubles en 2025, soit une augmentation de 44,8% par rapport à 2021. Les transactions numériques, notamment par virement bancaire (68,2%), dominent les dépenses. Les dépenses principales concernent les courses, les cafés et restaurants, ainsi que les souvenirs et les vêtements. Le coût moyen par jour, hors hébergement et transport, s'élève à 1 365 roubles, en hausse de 8,7%.
Les régions les plus éloignées, comme la Chukotka, demandent les dépenses les plus importantes, tandis que des destinations comme le kraï de Krasnodar et Saint-Pétersbourg restent coûteuses. Les régions périphériques comme Moscou et la région de Leningrad offrent des budgets plus souples.

Un avenir prometteur
La croissance continue, alimentée par un nombre croissant de voyageurs aisés, suggère une évolution des tendances du marché. Les entreprises se tournent vers les produits haut de gamme, les infrastructures améliorées et les services sur mesure dans les régions qui présentent un potentiel. Le tourisme interne, après un certain temps de développement, se concentre désormais sur des expériences plus riches, répondant aux attentes changeantes des visiteurs.
Malgré les défis, le tourisme domestique russe démontre une force remarquable, transformant les obstacles en opportunités. Une croissance soutenue est attendue dans les années à venir, portée par des changements internes au secteur. La résilience ne réside pas dans des plans ambitieux, mais dans des adaptations quotidiennes à travers les régions. Cette dynamique s'intensifie silencieusement, façonnée par de nouvelles habitudes et non seulement par des politiques.
