Voyage sans contrôle : l'identité numérique prépare à révolutionner les déplacements

L'industrie du transport aérien, longtemps cantonnée à des promesses de simplification, s'apprête enfin à livrer la carte d'identité numérique, une véritable révolution pour les voyageurs.

Un passage à l'épreuve de l'interopérabilité

Après des années de développement et d'attente, le concept de voyage sans contrôle – l'élimination des multiples vérifications d'identité à chaque étape du trajet – devient une réalité tangible. Des systèmes d'identification numérique existent déjà, ouvrant la voie à une expérience de voyage fluide et sécurisée. Les acteurs de l'industrie, soutenus par les gouvernements et les fournisseurs de technologies, travaillent à intégrer ces systèmes, mais le véritable défi réside dans leur capacité à fonctionner ensemble.

Au-delà de la technologie : la clé, l

Au-delà de la technologie : la clé, l'interopérabilité

Si la technologie elle-même n'est plus un obstacle majeur, comme le soulignent l'IATA et Amadeus, l'accent est désormais mis sur la compatibilité entre les différents systèmes. Nous sommes entrés dans une phase de maturité en matière de biométrie et d'identité numérique au niveau gouvernemental, mais la véritable difficulté réside dans la communication entre les différentes entités. Alessandro Minucci, de Amadeus, pointe du doigt la nécessité de dépasser les simples tests et de réellement standardiser les processus.

Des premiers pas concrets : des tests à l

Des premiers pas concrets : des tests à l'opération

Des initiatives concrètes témoignent de cette progression. Curaçao a adopté une technologie mobile pour le contrôle des frontières, l'Indonésie a mis en place des couloirs biométriques sans contact, Manchester Airport utilise une solution biométrique complète et MSC Cruises expérimente un terminal biométrique à Miami. L'IATA a récemment conclu une phase de test innovante, impliquant six fournisseurs de portefeuilles numériques (Google, Apple, NEC, SITA, Idemia et l'IATA elle-même), démontrant la faisabilité d'utiliser des identifiants numériques tout au long du voyage, même au-delà d'un seul écosystème.

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L'expérience client, priorité absolue

Gabriel Marquie, de l'IATA, souligne que la priorité est désormais l'interopérabilité et l'amélioration de l'expérience utilisateur, et non la simple technologie. L'exemple de Bengaluru Airport, avec son utilisation de l'identité numérique mobile et de la reconnaissance faciale, illustre cette tendance. Les chiffres sont éloquents : 80% des voyageurs mondiaux souhaiteraient gérer leurs identifiants de voyage via leur smartphone, et ce chiffre est encore plus élevé chez les millennials.

Le rôle crucial des états

Le rôle crucial des états

L'IATA, Amadeus et SITA insistent sur l'impératif d'une implication gouvernementale. Pour Younkyung Kim, de l'IATA, la collaboration avec les régulateurs est essentielle pour les trois prochaines années, notamment en matière d'interopérabilité transfrontalière des identifiants numériques. Il est impératif de susciter la confiance, et ce, au-delà des simples systèmes technologiques. Raoul Cooper, de SITA Borders, rappelle que le véritable progrès réside dans le passage de la promesse à la preuve : l'identité numérique n’est valable que si elle inspire la confiance.

Une confiance indéfectible

Stephen Challis, de SITA Airports, met en avant le rôle crucial de la confiance. “Digital identity is only as good as the trust around it.” La complexité des systèmes, comme l'EES de l'Union Européenne, est souvent liée à des contraintes de capacité aux frontières, à la mise en place de bornes d'enregistrement ou à l'aménagement des aéroports, plutôt qu’à des limitations technologiques fondamentales. L'avenir du voyage, et donc celui des aéroports et des compagnies aériennes, dépend de cette confiance, et de la capacité des États à la garantir.”