Vacances : les destinations méditerranéennes se réorientent face aux tensions
Les destinations côtières d'Europe du Sud connaissent un afflux de vacanciers plus rapide que prévu, éloignées des zones de conflit. Les vols vers ces lieux restent stables, tandis que l'incertitude freine les dépenses dans d'autres régions. L'Espagne pourrait en profiter, mais la situation reste fragile.

Les touristes britanniques privilégient la méditerranée occidentale
Les vols directs entre l'Espagne et le Golfe Persique étant limités, les voyageurs britanniques se tournent vers des destinations européennes plus proches. TUI, un acteur majeur du tourisme, observe une hausse significative des réservations vers le Portugal (+42 %), les îles Baléares (+40 %) et les îles Canaries (+16 %). Le Portugal se distingue comme la destination la plus prisée selon des études de plusieurs agences de voyage, comme Thomas Cook. À l'inverse, On the Beach signale une baisse d'intérêt pour le Moyen-Orient et des destinations traditionnelles comme la Turquie, Chypre, la Grèce et l'Égypte.
Cette migration vers des lieux plus familiers reflète une volonté de confort et de sécurité. Les destinations proches, accessibles par des vols courts, gagnent en popularité. La France observe également un changement dans les habitudes de voyage. Selon les données d'Alliance France Tourisme, 41 % des Français envisagent de modifier leur destination, en particulier s'ils avaient prévu de se rendre au Moyen-Orient. Parmi eux, 21 % préfèrent rester en France, et seulement 7 % envisagent de voyager vers d'autres pays.
La situation est contrastée en Italie. Les villes historiques et les zones touristiques haut de gamme, dépendantes des visiteurs venant de l'extérieur de l'Europe, enregistrent une diminution des touristes étrangers. Les réservations de voyageurs asiatiques et du Moyen-Orient ont chuté de près d'un dixième pendant la semaine de Pâques, notamment à Rome. Malgré un été prometteur sur la côte méditerranéenne, le tourisme en Turquie reste incertain, avec une baisse anticipée des réservations, en particulier de la part des voyageurs allemands, russes et britanniques. Cette situation pourrait ouvrir des opportunités pour la Grèce, qui voit ses sites touristiques gagner en attractivité.
La Croatie, quant à elle, a enregistré une baisse des arrivées autour de Pâques, mais maintient une confiance dans ses perspectives touristiques. L'Espagne et le Portugal pourraient bénéficier d'un afflux de visiteurs au début de l'année 2026, mais une escalade des tensions pourrait entraîner une augmentation des coûts et une réduction des voyages internationaux. Face à cette incertitude, les entreprises du secteur adaptent leurs plans, privilégiant la flexibilité et les échanges plutôt que les remboursements. Les destinations familières demeurent les préférées des vacanciers face à l'incertitude.
Le secteur du tourisme est en constante mutation. Les destinations qui sauront s'adapter à ces nouveaux courants et proposer des expériences sécurisées et attractives seront celles qui prospéreront.
