Hôtellerie française : une résilience surprenante malgré les incertitudes

L’industrie hôtelière française a affiché une solidité inattendue en février, porté par un afflux de visiteurs et une calendrier d’événements exceptionnellement riche. Les chiffres sont encourageants, mais la situation demeure complexe et fragilisée par les tensions géopolitiques.

Paris et l’île-de-france, moteurs de la performance

La capitale et ses environs ont surpassé les indicateurs nationaux, avec une hausse de 5% du RevPAR (Revenu Par Disponible Room) à 141€ HT. Cette dynamique est due à une combinaison de plus de réservations et de tarifs de chambres plus élevés, particulièrement dans les établissements de gamme moyenne. L'offre événementielle, avec Wine Paris & Vinexpo, la tournée des Six Nations, et les festivités de la Saint-Valentin et du Nouvel An chinois, a dynamisé le secteur, attirant un public varié – professionnel, touristique, familial.

Cependant, l’Île-de-France présente une performance plus contrastée. Si les chiffres combinés de janvier et février atteignent 151€ HT, en hausse de 6%, la cohérence régionale est moins marquée. Il est crucial de noter que ces résultats ne tiennent pas compte de la TVA.

Une répartition géographique contrastée

Une répartition géographique contrastée

L’activité des hôtels françaises a atteint 55% de leur capacité disponible en février, soit une amélioration d’un point par rapport aux premiers mois de 2026. Le RevPAR, sans TVA, a grimpé de 1%, à 107€, tandis que le RevPAR net de TVA a progressé de 2%, atteignant 59€. Cette progression s’appuie sur une demande croissante et un calendrier riche en événements. Pour autant, ces résultats ne compensent pas les défis persistants.

La côte d’azur et les régions touchées par la météo

La côte d’azur et les régions touchées par la météo

La Côte d’Azur a connu un bel élan de reprise, avec une occupation à 53% et une augmentation de 4 points. Les tarifs ont progressé de 5%, atteignant 107€ HT, et le RevPAR a bondi de 9%, à 56€ HT. Cannes, forte de rendez-vous internationaux comme MIDEM, IPEM Wealth et le World AI Cannes Festival, a été un véritable aimant pour les visiteurs. Nice, quant à elle, a bénéficié des festivités carnavalesques et du Rallye Monte-Carlo. Mais un ralentissement a été observé dans les hôtels haut de gamme, potentiellement lié à des hausses tarifaires importantes.

Les villes moyennes, un potentiel sous-exploité

Les villes moyennes, un potentiel sous-exploité

Les villes moyennes affichent des performances mitigées. Même si l’occupation moyenne se chiffre à 50% et que les prix se maintiennent à 84€ HT, les hôtels de standing se distinguent par une augmentation de 3% de leur RevPAR. À l’inverse, les établissements moins chers peinent à retrouver de l'élan. Lille a profité des événements culturels et sportifs, tandis que Montpellier a tiré parti du retour du tournoi d’Open Occitanie. Ces efforts ponctuels ne suffisent cependant pas à compenser les disparités régionales.

Perspectives et défis

Le secteur hôtelier français affichera une demande stable au printemps, portée par un calendrier d’événements dynamique. Si Paris et la Côte d’Azur restent les locomotives de la performance, les régions moins performantes devront s’appuyer sur des stratégies ciblées. Il est impératif de faire preuve de flexibilité et d’adapter les tarifs avec agilité, face aux pressions géopolitiques. La capacité d'adaptation des entreprises, et non les tendances générales, sera le facteur déterminant de la réussite.